Le carnet d'inspiration d'un Mardi de Septembre 2026

Chaque mardi, je vous glisse un peu de mon univers, entre bijoux, mots, images et découvertes. Pour le mois de septembre, j'ai réuni cinq trouvailles qui ont, ces dernières semaines, nourri mon œil et parfois mon atelier. Cinq façons de regarder, de la grande institution qui souffle ses quarante bougies au petit compte textile déniché au fil du fil. Faites défiler, et laissez-vous porter....

Quand Orsay se met à rêver. Le musée d'Orsay a quarante ans. Ouvert en 1986 dans une gare devenue palais, il a choisi de fêter l'anniversaire non pas en se retournant, mais en dansant: un mapping géant sur la nef, une création du chorégraphe Angelin Preljocaj au cœur des collections, et même une grande Boum imaginée par Thomas Jolly, le tout sous un vers de Verlaine, rêvons, c'est l'heure. Ce qui me touche, c'est l'esprit du lieu, celui qui fait dialoguer peinture, sculpture et arts décoratifs comme un seul regard. La preuve qu'on peut avoir quarante ans et rester, résolument, en mouvement. (Du 19 novembre au 12 décembre 2026, musée d'Orsay, Paris.)

Retrouver son âme d'enfant. À Paris, le concept-store Merci ressuscite le monde de Richard Scarry, l'illustrateur dont les livres ont bercé des millions d'enfances. Sa ville affairée, ses petits personnages, ses détails partout: tout quitte les pages pour devenir des objets, un cabas, un plaid, quelques cartes à collectionner. J'y reconnais une idée qui m'est chère, celle d'un livre d'enfance qui devient un objet qu'on garde, puis qu'on transmet. Comme un bijou, au fond.

S'inspirer des plus beaux endroits. Il existe une brochure de voyage pas comme les autres, si belle et si inspirante que la feuilleter est déjà un voyage. Le journal de Voyageurs du Monde est écrit avec des écrivains, des journalistes, des artistes et des photographes, et défend les lieux restés à l'écart, ces régions et ces îles qu'on préfère garder pour soi. On peut le consulter en ligne ou le commander pour le garder près de soi, le feuilleter des mois plus tard, et inspirer, doucement, nos prochains départs. La preuve qu'on peut donner envie sans jamais rien vendre.

Révéler le beau dans le moche. Amélie Dubois s'est inventé une maison, et elle l'a baptisée Moche. Tout est dit. Cette plasticienne nantaise fait de la poésie avec des petits riens, un objet trouvé, un mot simple, des couleurs franches comme au temps de l'enfance. Son univers, tour à tour tendre et frondeur, transmet avec humour des souvenirs, des messages d'amour et de révolte. Bref, tout ce que j'aime, car revendiquer le moche, c'est refuser le lisse et débusquer le beau là où personne ne le cherche. À suivre sur @maison.moche.

Certains comptes rallument la couleur, celui d'Amy Tidmarsh en fait partie. Cette créatrice textile tisse de grandes pièces aux teintes vives et les laisse vivre dehors, tendues entre les arbres, au-dessus de l'eau, gonflées par le vent. La lumière passe, le fil se voit, la trame respire. On pense à Calder, à ces formes libres qui bougent, et à ce que j'aime plus que tout, la couleur, le geste, la main qui laisse sa trace. À découvrir sur @tidmarsh.studio.
Voilà pour ce mardi. Cinq regards qui, chacun à leur façon, me relient à mes bijoux...

Capucine
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